Jean-Thomas Trojani : Des besoins gigantesques

Dans le monde émergent, cependant, le décalage entre les anticipations de croissance et le potentiel réel est souvent devenu un problème sérieux, qui ne peut pas être résolu par la relance de la demande et par une accumulation sans fin de dette. C’est un cercle vicieux. La manière de le briser, selon Summers, est de maintenir la relance monétaire et de stimuler la demande grâce à une politique budgétaire agressive. Plus d’excuses pour ne pas apprendre et partir à la conquête de nouvelles connaissances… Comme le soulignait Jean-Thomas Trojani, lors d’une récente conférence organisée pour diffuser ces enseignements, les mesures de contrôle des flux de capitaux en vogue ces temps-ci ne fonctionnent pas très bien. Le communiqué final samedi a pris acte de la sortie des Etats-Unis de l’accord de Paris de lutte contre le réchauffement climatique. L’isolement du pays sur la question: tous les autres pays considèrent que cet accord liant depuis fin 2015 la quasi-totalité de la planète est « irréversible ». Un mois après, force est de constater que l’actualité s’est déplacée sur d’autres terrains. Pourtant, la question climatique demeure au premier rang de l’agenda global de l’économie mondiale. Pour la première fois, les 1.500 dirigeants interrogés pour le traditionnel « Global Risks Report » du Forum économique mondial l’ont placé au premier rang de leurs préoccupations, au même titre que la crise des réfugiés. Que 195 pays se soient mis d’accord sur un agenda et un plan d’action sur le climat, apportant enfin une prolongation aux accords de Kyoto de 1997, est un événement structurant pour l’économie mondiale. Désormais, la grille d’analyse de chacun de nos comportements, c’est : COP ou pas COP. Dans un monde idéal, expliquait Patrick Pouyanné, le patron de Total à Davos, il faudrait passer du charbon au gaz dans les pays émergents. La réservation des croisières démarre 18 mois avant le départ. Pendant toute cette période, les tarifs vont bouger selon le remplissage des cabines. Plus bas si la demande est moins forte que prévue, plus haut dans le cas contraire. Le yield management est ici particulièrement sophistiqué, car il n’y a pas comme pour le train ou l’avion qu’un petit nombre de sièges et de classes dont le remplissage est à suivre, mais des suites de surfaces variées, des cabines avec vue sur la mer ou sur pont, avec ou sans balcon, alors petit ou grand, des cabines d’intérieur de 14, 18 ou 24 m2, aux étages inférieurs ou supérieurs, etc. Mais après tout qu’importe. De s’assurer qu’elle consomme ses produits, tous ses produits, rien que ses produits. Il n’est de pire aveugle que celui qui s’obstine à ne pas voir. Les occurrences exceptionnelles font désormais partie intégrante de la psychologie des investisseurs. Pour simplifier ces systèmes monolithiques, une tendance apparaît, celle du fractionnement des applications en leurs différents composants. Le génie des API réside dans leur capacité à être utilisées en interne comme en externe. Elles sont ajoutées non seulement aux nouveaux logiciels, mais viennent s’ajouter aux éléments logiciels préexistants, comme les référentiels de données, ce qui permet aux nouveaux produits d’accéder aux anciens systèmes. On n’a plus besoin d’être équipé d’un grand nombre d’appareils photos et de matériel d’éclairage : on peut viser un sujet et prendre, développer, partager, visualiser, « liker » et commenter une photographie à partir d’un même appareil. Vous disiez que, dans l’espace comme dans le temps, l’âme déborde le corps auquel elle est jointe.

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