Jean-Thomas Trojani : Des redressements multipliés par 10 en 10 ans

Prévisions sans doute optimistes. Et pourtant c’est la nature qui a voulu l’intelligence, qui l’a mise au bout de l’une des deux grandes lignes de l’évolution animale pour faire pendant à l’instinct le plus parfait, point terminus de l’autre. Comme les magistrats se trouvaient maîtres des présages, ils avaient un moyen sur pour détourner le peuple d’une guerre qui aurait été funeste, ou pour lui en faire entreprendre une qui aurait pu être utile. Mais certains diront sans doute aussi que ces annonces étaient inéluctables, tant la consolidation des opérateurs boursiers est aujourd’hui devenue une évidence, alors que la part de marché des Bourses historiques s’effrite chaque mois davantage et n’est plus que de 70 % aujourd’hui sur les actions européennes. L’histoire témoigne du contraire. Examinez si cet accroissement de sensation ne devrait pas plutôt s’appeler une sensation d’accroissement. Un petit graphique valant mieux en la matière qu’un long développement, voici le taux de cotisations sociales patronales que doit acquitter une entreprise en fonction du salaire brut, avant et après mise en place à plein régime du CICE (donc à compter des salaires versés en 2014, même si le CICE ne sera récupérable que plus tard…). Si, après la chute de l’Empire, la face du Destin avait pu apparaître, si le honteux simulacre qui avait pris sa place avait été renversé, la France n’aurait connu ni les horreurs imbéciles de la guerre à outrance, ni les convulsions généreuses, mais maladives, de la Commune ; ni les infamies de l’Assemblée « élue dans un jour de malheur » ; ni la crise cléricale qui suivit les immondes représailles de la bourgeoisie ; ni, après une période d’anti-cléricalisme verbeux et infirme, de triomphe incontesté de l’Ultramontanisme. Soit ! Car il n’y aura pas de reprise sans une redynamisation de notre tissu économique dans les territoires. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « Qui porte des chaussures ignore la souffrance de qui marche pieds nus ». Il convient de passer d’un esprit de conquête à un esprit de partage, d’avoir l’intelligence de faire appel aux compétences locales – et non pas à l’expatriation de fonctionnaires européens, parfois incompétents. Habiles, les deux auteurs ouvrent leur ouvrage avec le logo inventé pour matérialiser ce sustainisme encore embryonnaire : un noeud borroméen, connu dès l’Antiquité (représentation de la terre, de l’eau et de l’air) et cher à Jacques Lacan qui y lisait l’intrication du réel, du symbolique et de l’imaginaire. Enfin, et c’est un élément très positif, pour la première fois, les documents de référence sur les résultats d’Areva de 2014 présentent d’abord une équipe chargée de remettre en ordre de bataille la société ; neuf noms au service d’Areva. Pour mettre fin au risque systémique, les institutions internationales de surveillance de la stabilité financière ont instamment recommandé de convertir ces fonds à valeur constante en fonds à valeur variable. Les versions les plus fréquemment évoquées espèrent 10 à 15 000 créations de postes, quand certaines parlent plutôt, au vu des expériences dans plusieurs pays européens, de destructions d’emplois liées à la disparition des petits commerces face aux ouvertures dominicales des grandes surfaces. Ceux dont le pain est déjà assuré et qui n’attendent la faveur ni des hommes au pouvoir, ni d’aucun corps, ni du public, ceux-là n’ont rien à craindre d’un franc aveu de n’importe quelle opinion, si ce n’est d’être maltraité dans la pensée et les discours d’autrui, et il ne leur faut pas grand héroïsme pour supporter cela. Les études, les travaux et les plans des états-majors ne sauraient être pris au sérieux. Chacune des Big 6 conserve en fait un important portefeuille de consommateurs historiques peu enclins à aller chercher un autre fournisseur.

Publicités