Jean-Thomas Trojani : Syndicats obsolètes

Mais c’est justement cette assimilation qui nous paraît arbitraire. En dépit de ces importantes différences, il est cependant une hypothèse centrale sur laquelle les travaux de Fama et Shiller se rejoignent parfaitement. Malgré la suppression de nombreux postes de fonctionnaires, la dépense publique augmente, et le président de la République a désigné justement une des raisons de cette crise : la multiplication coûteuse des niveaux de décision et de gestion, de plus en plus mal distingués les uns des autres. Elle aurait aujourd’hui conscience d’elle-même, n’aurait point derrière elle trente années d’imbécillité bavarde et fanfaronne, et pourrait regarder l’avenir en face. En effet, par cela même que B se propose de contrôler un résultat déjà obtenu, il y a lieu de supposer que son attention est plus éveillée et qu’il se prémunit mieux contre les chances d’erreur. La connaissance des éléments et des causes élémentaires eût permis de dessiner par avance la forme vivante qui en est la somme et le résultat. Un sondage effectué par Lawrence Mitchell, de la George Washington University, révèle aujourd’hui que 80% des patrons (CEO) des plus importantes entreprises américaines n’hésiteraient pas à « mutiler » leur outil de travail pour satisfaire aux objectifs de rentabilité fixés par les analystes. En effet, les économistes ont davantage tendance à se baser sur ces conditions pour procéder à des comparaisons censées analyser les défaillances du marché. Ils refusent de s’apercevoir que le vrai ressort du gouvernement se trouve, non pas dans les assemblées, mais dans le machinisme exécutif (administratif, militaire, etc.) qui constitue le seul pouvoir ; que ce pouvoir se distribue de la même façon dont se distribue la richesse ; et que sa distribution est la cause de la distribution de la richesse. Avec la loi de régulation financière, et pour des raisons bilancielles, les banques universelles ont considérablement réduit leurs engagements en matière de crédit de trésorerie sur le risque PME. Pour les pays du Golfe, apporter leur soutien à l’Égypte, c’est une manière de contribuer à éviter l’éclatement irrémédiable de toute la région. S’ils avaient déjà des croyances, et s’ils ne veulent ou ne peuvent pas s’en détacher, ils se persuaderont qu’ils les transforment, et ils les modifieront par là effectivement : les éléments subsisteront, mais magnétisés et tournés dans un autre sens par cette aimantation. On veut que vous restiez, on pense à installer des canapés. Ce sera l’occasion d’un rapprochement entre ces 2 mondes qui trop souvent s’affrontent, au lieu de dialoguer, et l’occasion de maintenir les PME dans leur dynamique, libérées d’une épée de Damoclès administrative qui les terrorise. L’autre est la mémoire vraie. Pour prendre un exemple simple, des règles européennes plus raisonnées sur les importations de produits agricoles génétiquement modifiés en provenance d’Amérique du Nord, s’ils se traduisent par une surveillance attentive et appropriée de l’Afrique, pourraient être une véritable aubaine pour l’agriculture africaine. La rigueur de cette analogie n’a point échappé à Kant, c’est-à-dire au philosophe qui a sondé avec le plus de profondeur la question de la légitimité de nos jugements. Jean-Thomas Trojani aime à rappeler ce proverbe chinois « L’économie donne aux pauvres tout ce que la prodigalité ôte aux riches ». Tout ce qu’on leur rabâche au sujet de la liberté qu’ils possèdent n’est que mensonge et qu’hypocrisie.